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Répressions démocratiques

Première édition de festival de cinéma Etats d’urgence — Printemps 2006

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REPRESSIONS DÉMOCRATIQUES

L’état d’urgence récemment instauré puis levé en France en réponse aux émeutes de novembre 2005, a montré que les démocraties contemporaines abandonnent parfois leurs principes fondateurs. Actualité, normes juridiques et Å“uvres cinématographiques offrent de nombreux exemples de ces exceptions légales. Ainsi, le code pénal français réduit les droits de la défense en matière de terrorisme, les Etats-Unis utilisent la torture dans les prisons de la CIA et le personnage de Golda Meir déclare au début de Munich : « Nous avons des lois. Nous représentons la civilisation. […] Voulez-vous me dire quelles lois protègent des gens comme ceux-là ? […] Toutes les civilisations pensent qu’il est nécessaire de négocier des compromis avec leurs propres valeurs ».

Le cinéma a régulièrement pris comme sujet ces « Ã©tats d’urgence » qui justifieraient la mise en Å“uvre de moyens de répression par les Etats démocratiques. Ces moyens s’appliquent souvent au nom de la défense de cette même démocratie à l’encontre de populations, de groupes ou d’individus perçus comme dangereux en raison de leurs buts politiques, de leurs opinions religieuses, ou encore de leurs appartenances ethnique, sociale ou géographique.

Pourtant, malgré le respect de normes arbitraires et discriminatoires, malgré le maintien du secret et malgré l’oppression, les démocraties continuent à jouir d’un statut dont le caractère inattaquable semble injustifié.

La première édition du festival « Etats d’urgence » traduit ainsi la volonté de ne pas considérer comme acquises des valeurs socialement et politiquement construites, et de les questionner à la lumière d’œuvres cinématographiques de qualité.

Les films proposés sont des messages à la fois artistiques, sociaux et politiques. Ils seront l’occasion d’une réflexion sur les différentes formes que peut prendre la répression démocratique et sur la place que ces répressions occupent dans les régimes démocratiques. Chaque projection sera suivie d’un débat animé par des universitaires et d’une signature à la librairie du cinéma.

PROGRAMME :

  • Le 27 mai : The rabbit-proof fence
  • intervenant : Vanessa Castejon, maître de conférence d’études anglophones à Paris XIII
  • Le 28 mai : Bloody Sunday
  • intervenants : Maurice Goldring, ancien professeur d’études irlandaises à Paris VIII et Elisabeth Gaudin, maître de conférence à Paris VII
  • Le 03 juin : Panther
  • intervenants : Michel Pigenet, professeur d’histoire Paris I et Sarah Fila-Bakabadio, doctorante en histoire nord-américaine au CENA-EHESS
  • Le 04 juin : La batailler d’Alger
  • intervenant : Benjamin Stora, professeur d’histoire du Maghreb à l’INALCO

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